Éducation physique et activité physique : différences et complémentarités

Activité physique, éducation physique… Comment distinguer l’un de l’autre? Même pour les professionnels du milieu, la question se pose, puisque le débat a été soulevé lors du congrès provincial Pour une éducation physique de qualité tenu à l’automne 2017. Avec l’arrivée de la mesure « À l’école, on bouge au cube », où les élèves des écoles participantes sont encouragés à être actifs pendant 60 minutes par jour, les différents intervenants ont tendance à confondre ces deux termes que sont l’activité physique et l’éducation physique. Voici donc un aperçu de leurs différences et de leur complémentarité.

D’abord, l’éducation physique et à la santé (EPS) est une matière obligatoire dans le parcours scolaire québécois. Il ne s’agit pas seulement de bouger ou être actif, mais bien de faire des apprentissages et de développer ses compétences. Pour y arriver au Québec, nous pouvons compter sur des spécialistes qualifiés, les enseignants en éducation physique et à la santé (EEPS). Ces derniers sont des professionnels possédant un baccalauréat en enseignement. Leur tâche vise, entre autres, à faire en sorte que l’élève « développe son agir corporel, seul ou en interaction, et apprenne progressivement à prendre en charge sa santé et son bien-être. » (Programme de formation de l’école québécoise 2001, p.252). Le programme d’éducation physique au primaire a pour cible « le développement de l’efficience motrice et d’habiletés psychosociales, [ainsi que] l’acquisition de connaissances, d’attitudes et de comportements nécessaires à une gestion judicieuse par chacun de sa santé et de son bien-être. (…) Ainsi, au terme de sa formation secondaire, l’élève aura développé un ensemble d’outils dont il aura besoin tout au long de sa vie pour se sentir en bonne santé, tant physique que mentale, et pour vivre en harmonie avec lui-même et avec les autres. » (Programme de formation de l’école québécoise 2001, chapitre 9).

En plus de tous ces apprentissages, l’EPS donne le goût et le plaisir de bouger. Cette matière permet aussi aux élèves de réfléchir à leurs actions, leurs habiletés motrices et leur mode de vie. Ils ont d’ailleurs l’occasion de cultiver les apprentissages effectués dans des contextes variés à l’aide de multiples activités. En éducation physique, les élèves acquièrent des notions et des habiletés requises pour une pratique saine et sécuritaire de l’activité physique. Les moyens d’action, les activités, les jeux et les sports utilisés par les enseignants favorisent de plus l’adoption de saines habitudes de vie. L’éducation physique ce n’est pas seulement de bouger, d’être actif ou de faire du sport : c’est d’apprendre, de développer des compétences et d’acquérir des connaissances relatives au mode de vie physiquement actif. Tous les jeunes ont donc besoin d’une éducation physique quotidienne de qualité[1]!

L’activité physique, quant à elle, est définie par l’Organisation mondiale de la santé comme « tout mouvement corporel produit par les muscles squelettiques qui entraîne une augmentation de la dépense énergétique et qui augmente la fréquence cardiaque et le rythme respiratoire ».  En somme, il s’agit de bouger suffisamment pour que le rythme cardiaque augmente.

L’activité physique ne doit donc pas être mise en opposition à l’éducation physique, mais bien en complémentarité : l’activité physique est une excellente façon de réinvestir les apprentissages faits au préalable en éducation physique!

 Saviez-vous que?

  1. Tous les élèves du primaire, secondaire et du collégial doivent suivre leurs cours d’éducation physique et à la santé : C’est une matière obligatoire pour tous!
  2. Le ministère de l’Éducation recommande un temps en EPS, celui-ci est toutefois inférieur aux recommandations de l’UNESCO.
  3. Augmenter le temps consacré à l’éducation physique améliore ou n’affecte pas les résultats scolaires, même s’il y a réduction du nombre d’heures consacrées aux autres matières[2].
  4. Il n’existe pas de programme d’éducation physique au préscolaire malgré l’importance d’agir tôt, ce qui peut nuire au développement moteur des enfants.
  5. Dernièrement, un premier sondage a révélé qu’afin que leur(s) enfant(s) dépense(nt) plus d’énergie à court terme au quotidien, les parents privilégieraient avant tout une augmentation des minutes d’éducation physique.
  6. Un autre sondage a de plus établi que 89 % des canadiens sont d’accord avec l’idée d’imposer des cours d’éducation physique obligatoires tous les jours dans les écoles.
  7. Le mois de mai est traditionnellement associé à l’éducation physique et à la santé : la FEEPEQ souhaite d’ailleurs faire renaître cette tradition prochainement.

[1] (http://www.kino-quebec.qc.ca/publications/ActivitePhysique_LeSportEtLesJeunes_AvisCSKQ.pdf )

[2] Trudeau F et Shephard RJ (2008) Physical education, school physical activity, school sports and academic performance. Int J Behav Nutr Phys Act 5:10.