Notre recommandation

 

150 minutes obligatoires d’éducation physique par semaine

L’éducation physique ne permet pas seulement de faire bouger les jeunes: elle a un rôle de premier plan dans le développement de leurs habiletés motrices et sociales de même que de saines habitudes de vie.

Les recommandations gouvernementales actuelles, souvent non respectées, sont de 120 minutes par semaine. La FÉÉPEQ croit que ce temps est insuffisant pour permettre aux éducateurs physiques de remplir le rôle qui leur est confié. C’est pourquoi nous recommandons d’instaurer un temps minimal obligatoire de 150 minutes par semaine, et ce, à tous les niveaux.

Il a été prouvé que le fait d’augmenter le temps en éducation physique à 150 minutes a pour effet de maintenir ou d’augmenter les performances scolaires des jeunes dans les autres matières [1]. En effet, l’ÉPS a pour bénéfices, entre autres, l’amélioration de la concentration, la gestion du stress, [2] un meilleur respect de l’autorité, une diminution de la délinquance et des comportements violents[3], le goût du dépassement et la diminution du décrochage.

Bref, éducateur physique n’est pas synonyme d’entraîneur sportif : son objectif n’est pas de développer les aptitudes de ses élèves dans certains sports en particulier, mais plutôt de développer certaines compétences et habiletés motrices en se servant des sports, certes, mais aussi, s’il le juge approprié, d’une panoplie d’autres activités telles que la danse, le plein air et le cirque.

Plus d’informations: Mouvement PEP

Au préscolaire et au primaire

Les habiletés motrices de base se développent dans les premières années de la vie. La zone critique se situe entre 2 et 9 ans, avec une phase importante de 4 à 6 ans [4].

L’éducation physique compte le développement des habiletés motrices comme l’un de ses objectifs principaux. Pourtant, seulement 69 % des écoles primaires respectent les recommandations gouvernementales de 120 minutes/semaine, sans se douter probablement de l’impact de cette décision sur la vie future des jeunes [5]. En effet, des études démontrent que le manque d’habiletés motrices est un obstacle à la pratique future d’activité physique [6].

Au secondaire

Bien que cela ait déjà été amorcé au primaire, le cours d’éducation physique du secondaire s’attarde plus longuement à l’enseignement des saines habitudes de vie, notamment le sommeil, la nutrition et la gestion du stress.

L’éducateur physique doit donc bénéficier d’un temps suffisant pour permettre aux élèves de pratiquer diverses activités physiques tout en leur enseignant des notions théoriques et en proposant des activités concrètes pour leur permettre de les intégrer.

 

Au collégial

Les cours d’éducation physique du collégial ont pour but l’intégration des habiletés et des connaissances liées à l’activité physique et aux saines habitudes de vie en vue de la prise en charge définitive par le jeune adulte de sa santé.

C’est pourquoi nous proposons, pour atteindre les recommandations gouvernementales de 120 minutes, d’ajouter un 4e cours d’éducation physique au collégial. Nous nous assurerions ainsi que le jeune est bien outillé pour mener une vie saine et active.

[1] Trudeau, F., Shephard, R. J. (2008). Physical education, school physical activity, school sports and academic performance. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity 2008, 5:10
[2] Calfas, K. J. & Taylor, W.C. (1994). Effects of physical activity on psychological variables in adolescents. Pediatrics Exercice Science, 6, 406-406.[3] Heaps and Thorstenson, 1974; Gibson, 1979; Reid et al., 1994[4] Rigal, R., Abi Nader, L., G., Chevalier, N. (2009). L’éducation motrice et l’éducation psychomotrice au préscolaire et au primaire. Montréal. Presses de l’Université du Québec.[5] Morin P, Demers K, Grand’Maison S, Tessier P. Portrait de l’offre en activité physique et sportive dans les écoles du Québec. Manuscrit accepté pour publication dans la revue PhenEPS, #1509-2013.[6] Québec en forme