Mot du président

Jean-Claude Drapeau, président FEEPEQ

Jean-Claude Drapeau, président FEEPEQ

 La conjoncture actuelle nous force à l’action

Sous le titre La conjoncture politique nous force à la réflexion, mon mot d’octobre dernier met en lumière l’absence de soutien à la recherche pour appuyer la portée globale des cours d’éducation physique et à la santé au Québec, alors que, pendant ce temps, l’activité physique nous est présentée comme une panacée pouvant mettre en péril la place de l’éducation physique et à la santé.

C’est bien conscient de cette menace que comme président de la FÉÉPEQ, j’ai fait part au conseil d’administration de l’opportunité que ce pouvait être d’appuyer Pierre Lavoie et le Grand Défi Pierre Lavoie (GDPL), puisque le gouvernement l’interpelait afin de mettre en place un projet d’une heure d’activité physique journalière dans 450 écoles primaires dès l’automne 2017.

Oui, une opportunité dans la mesure où l’enseignante ou l’enseignant en éducation physique et à la santé serait la personne à qui on demanderait d’assumer la responsabilité opérationnelle du déploiement de ce projet FORCE 4 dans son école. Ceci impliquant l’absolue nécessité d’obtenir une libération garantie pour réaliser ce travail.

Pierre Lavoie, donnant suite à ses propos tenus lors du congrès d’octobre à l’UQTR, a revendiqué cette libération. Il a dit au gouvernement « qu’il [ne pourrait pas] y [avoir] de projet » sinon. L’aval du Conseil du Trésor était donc nécessaire, d’où l’annonce tardive de FORCE 4 et la subséquente dans le discours du budget du 28 mars dernier, par le ministre des Finances, Carlos Leitao selon qui  « cette mesure permettra aux écoles de compter sur le soutien et l’expertise de l’enseignant d’éducation physique qui jouera un rôle clé dans la réalisation du projet ».

Nous travaillons en étroite collaboration avec le GDPL, et les premières rencontres de discussions sur le terrain nous confirment le potentiel pédagogique de ce projet. À cet égard, celui-ci peut contribuer tant à la réussite du cours d’éducation physique et à la santé qu’à l’enseignement des titulaires qui souhaitent profiter du projet pour intégrer l’activité physique en classe notamment.

De plus, faire de ce projet un outil au service de l’élève dans une perspective de réussite scolaire (réussir ses cours) et de réussite éducative (réussir sa vie), voilà un beau défi qui peut d’abord s’appuyer sur les bases de notre enseignement inclusif pour tous dans nos cours d’éducation physique et à la santé. N’est-ce pas une opportunité à saisir.

 


Oui, la conjoncture politique nous pousse à la réflexion, mais aussi à l’action.

Ce constat se confirme à la lecture de ce qui précède, mais vous l’avez aussi compris en apprenant le résultat de la commission parlementaire Culture et Éducation à la suite des audiences du 26 janvier sur la pesée dans les cours d’éducation physique, à l’édifice du Parlement à Québec.

Déjà, le lourd défi de porter la responsabilité de l’enseignement de l’éducation physique et à la santé a été mis en évidence à la FÉÉPEQ. Dans ce contexte, la profession est socialement jugée sur ses actes visant à augmenter la pratique de l’activité physique de chaque élève, particulièrement de celles et de ceux qui sont plus vulnérables en ce qui concerne leur image personnelle.

Nous sommes « condamnés » à réussir ? Non, nous sommes tenus de poser des gestes qui ne placent pas l’élève dans une situation qui le dévalorise et le discrimine par rapport à ses pairs : il est là l’enjeu pour notre profession. Une telle réussite est possible, mais elle nous demande encore plus de réflexion collective et d’actions cohérentes entre nous.

Le Rassemblement collégial, qui se tiendra les 6 et 7 juin prochains au cégep de Sainte-Foy et au cégep Garneau, permettra de pousser plus à fond la discussion dans ce sens.

Le congrès de la FÉÉPEQ à l’UQAM, les 24, 25 et 26 novembre prochains sous le thème « L’inclusion en éducation physique et à la santé », se voudra un moment clé pour se donner une vision cohérente de notre enseignement  du préscolaire au collégial.

Finalement, un nouvel enjeu pointe plus précisément à l’horizon, soit celui de l’évaluation dans nos cours d’éducation physique et à la santé ! Vous n’êtes pas surpris, me direz-vous !

C’est pourquoi la FÉÉPEQ, en collaboration avec son éditrice Johanne Grenier de l’UQAM,  a choisi le thème de l’évaluation en EPS pour l’actuel numéro.

Avec l’arrivée de l’heure d’activité physique journalière au primaire sous le thème FORCE 4, la FÉÉPEQ  a fait savoir au ministre de l’Éducation, M. Sébastien Proulx, qu’il serait tout à fait inacceptable d’éliminer la notation ou encore l’évaluation et la notation en éducation physique et à la santé. Les impacts d’une telle abolition seraient dramatiques sur l’enseignement comme tel. Une matière obligatoire l’éducation physique ? Oui, absolument! S’en occuper en dilettante mettrait fin à la profession, rien de moins, et, par-dessus tout, priverait les élèves du Québec d’une éducation physique et à la santé qui a un grand potentiel.

Pour conclure sur une note positive à propos de l’évaluation, déjà la FÉÉPEQ est en étroite collaboration avec les enseignantes et enseignants universitaires, les conseillères et conseillers pédagogiques et l’ensemble de la Table provinciale en éducation physique et à la santé (TPÉPAS). De plus, la présidente de l’Association of Physical Educators of Quebec (APEQ), Katherine Baker, est en lien avec l’Université McGill et nous travaillons tous ensemble. C’est à suivre.

Jean-Claude Drapeau